Nous vous proposons une série d'articles
comparant la politique de la gauche et de la droite sur un grand nombre de thèmes. Nous aborderons les questions sociales, les questions d'éducation, de logement, d'emploi... Nous avons
fractionné ces articles afin de les rendre plus courts. Ne vous étonnez donc pas s'ils vous paraissent incomplets, nous publierons la suite au fur et à mesure.
LA POLITIQUE SOCIALE (1/2)
« La Gauche c'est pour les pauvres, la Droite c'est pour les riches ». Voilà un des principaux arguments des sympathisants de gauche que nous avons rencontré et avec qui nous avons eu à discuter. Slogan très concis et qui a le mérite de résumer en une seule ligne toute une idéologie. Donc, en réponse à cet argument foudroyant, nous proposons, dans un premier temps, d'analyser la politique sociale telle qu'elle a été mise en place par la gauche, tant à l'échelle nationale que locale, et voir si ce slogan est bel et bien représentatif de la réalité.
Il est vrai que la gauche, socialistes en tête, a toujours tenu un discours de proximité avec les classes les plus populaires. Elle s'est toujours déclarée à l'écoute des plus faibles, sensible à leur détresse, et prête à tout faire pour améliorer leur condition. Elle dénonce le capitalisme, qui provoque et accentue les inégalités, et prône un partage des richesses. Cette politique, il est vrai, a produit beaucoup d'effets positifs sur les conditions de vie au sein de notre société. Un grand nombre d'avantages sociaux dont bénéficient beaucoup de Français ont été instaurés par la gauche lorsqu'elle était au pouvoir, tels que les congés payés, le remboursement à 50% de la Carte Orange, et diverses autres mesures en faveur des travailleurs.
Cette politique, un temps positive puisqu'elle permettait, par une redistribution partielle des richesses, l'amélioration de la vie d'une importante partie de nos concitoyens, a eu un effet secondaire plus que désastreux. En effet, lorsqu'une personne est sans emploi elle bénéficie actuellement d'une panoplie d'aides qui, dans certains cas, lui permettent de vivre aussi bien, sinon mieux qu'un travailleur. En cumulant le RMI, les aides pour le logement, la CMU, la carte de transports gratuits (en Ile de France) et d'autres allocations (familiales, rentrée scolaire...), un sans emploi bénéficie d'une situation financière quasi semblable à celle d'un salarié rémunéré au Smic, situation qui pourrait même se dégrader s'il retrouvait une activité professionnelle.
Cette accumulation des aides auxquelles peuvent prétendre ceux qui se trouvent en difficulté a eu pour regrettable effet de les plonger dans un état de passivité fatal : soutenus sans la moindre exigence de contrepartie par ce système social, il n'est en effet plus apparu, pour beaucoup, comme nécéssaire de devoir travailler pour s'en sortir, puisqu'il suffit de rester tranquillement à la maison et d'attendre que les virements soient effectués par les différents organismes sociaux. Ainsi, on peut voir des jeunes de 25, 26, 27 ans et même plus, potentiellement pleins d'énergie et de vitalité, totalement dépourvus de toute ambition, ne se levant exceptionellement tôt que pour voir si le RMI avait été versé, se contentant au quotidien de ces petits gestes de solidarité nationale.
La politique d'entraide qui avait pour but de permettre à chacune et à chacun de nos concitoyens de vivre dans la dignité au sein de notre société a ainsi finalement contribué à maintenir dans un état d'assistanat un grand nombre d'habitants, notamment dans les quartiers les plus défavorisés, que l'on a rendu semblables à des malades vivant sous perfusion.
Les socialistes ont dès lors pris l'habitude, dans chacun de leurs programmes politiques, d'incorporer un ensemble de mesures d'aides sociales, afin de conserver la confiance et le vote de ceux qui ne voient pas plus loin que les miettes qu'on leur lance. Ainsi par exemple, Ségolène Royal proposait pour les élections de 2007 d'augmenter l'allocation de rentrée scolaire...
On répondra à cette critique du système social : « Mais sans ces aides, comment feraient ceux qui n'arrivent pas à s'en sortir et à trouver d'emploi? Ces aides sont nécessaires et permettent à beaucoup de vivre dans la dignité ». A cela nous répondons que nous ne fustigeons pas le principe des aides sociales. Ni nous ni personne d'autre. Elles sont utiles et même indispensables pour de nombreuses familles, qui, pour diverses raisons, ne peuvent subvenir elles-mêmes à leurs besoins. Mais le reproche que l'on peut faire à ce système, c'est qu'il a contribué à maintenir un grand nombre de nos concitoyens, notamment ceux dits « issus de l'immigration », dans une posture d'assistés, au lieu de leur proposer une véritable politique permettant l'ascencion sociale. Et cela fut remarquablement mis en avant par Rama Yade, à l'occasion de l'investiture de Nicolas Sarkozy comme candidat officiel de l'UMP en vue de la Présidentielle, en déclarant que la Gauche avait instauré « une République du guichet, en accordant aux enfants de l'immigration de la pitié plutôt que du respect ». Point de vue auquel nous adhérons totalement.
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